Le Parc National d'Ifrane

Presentation
Le parc national d'Ifrane, créé par le décret n° 2-04-783 du 08 octobre 2004, s'étend sur une superficie de 51.800 ha . Il renferme un dixième de la superficie mondiale du cèdre de l'Atlas, un quart de la population mondiale du singe magot et 3 zones humides dont une classée site Ramsar depuis 1980 (Lac d'Afenourir).
Le parc fait partie du Moyen Atlas tabulaire avec des altitudes comprises entre 1100 et 2103 m . Il présente trois ensembles : (i) le Causse d'Ifrane: dolomie et calcaire du lias inférieur et moyen, (ii) le Plateau d'Azrou: épanchements de basalte d'où affleure le lias calcaire et (iii) le Causse d'Ain Leuh avec du lias calcaire
Le parc national d'Ifrane reçoit des précipitations allant de 850 à 1.100 mm , partiellement sous forme de neige (6 à 35 jours entre novembre et avril). Les températures moyennes mensuelles varient entre -5°C et 32,8°C. Les deux tiers du parc appartiennent à l'étage supraméditerranéen froid, le reste est réparti entre le méso et le montagnard méditerranéen. Le parc national d'Ifrane avec son extension renferme deux types de SIBE, qui sont :
Les zones humides
•  La zone humide d'Aguelmam – Afennourir : de priorité 1, elle est classée site Ramsar depuis 1980 ; c'est le site moyen-atlasique le plus important pour l'hivernage d'oiseaux d'eau. Les deux espèces les plus importantes du lac sont la tadorne casarca et la foulque à crêtes ;
•  La zone humide Dayet Aoua : de priorité 3, d'une superficie de 200 ha . Ce lac fut d'une excellente réputation pour la pêche, avec plusieurs espèces introduites (Black-bass, Brochet, Perche, Tanche, Rotengle, Gardon, Carpe commune, Gambusie).Plusieurs espèces d'oiseaux estivent dans le site : la Foulque macroule, le Colvert, la Poule d'eau…etc ;
•  La zone humide de Dayet Ifrah (PNI-Extension) : de priorité 3, couvre une superficie de 250 ha , avec un peuplement ichtyologique composé de Rotengle, Carpe commune, Brochet, Perche et Sandre. Ce lac abrite environ 1500 oiseaux hivernants ;
•  La zone humide d'Aguelmam N'Tifounassine (PNI-Extension) : de priorité 2, d'une superficie de 50 ha . Le peuplement ornithologique qui y hivernent est composé, en particulier, de Canards (colvert et Souchet), Foulques (macroule et à crête) et Tadorne casarca ;

Les SIBEs terrestres :
•  Le SIBE de Jaaba (PNI-Extension) : de priorité 2, couvre une superficie de 1800 ha . Il est dominé par la chênaie verte sur substrat calcaire et par la zénaie bien venante sur basalte ;
•  Le SIBE d'Aghbalou Larbi : de priorité 2, d'une superficie de 14.000 ha . C'est un écosystème mixte à chêne vert et cèdre avec le genévrier thurifère.

Qualités bioécologiques

La végétation du parc compte cinq essences forestières majeures : le Cèdre de l’Atlas, le Chêne vert, le Chêne zeen, le Pin maritime de montagne et le Genévrier thurifère. Le parc compte aussi un certain nombre d’espèces secondaires (Erable de Montpellier, if, houx, genévrier oxycèdre, aubépine, frêne…) et d'essences arborescentes ripicoles (Fraxinus angustifolia, Populus nigra, Salix sp)
En ce qui concerne la faune, le parc renferme :
•  Mammifères : 35 espèces sur les 101 espèces marocaines réparties en 7 ordres :
•  Reptiles et amphibiens  : Le parc compte 7 espèces de reptiles et 27 espèces d'amphibiens avec des densités parfois considérables.
•  Oiseaux   : Le parc compte 145 espèces d'oiseaux réparties en 46 familles sur les 67 du Maroc.

Enjeux
Les enjeux de la création du Parc peuvent être résumés ainsi :
•  Présence d'écosystèmes d'importance mondiale avec une espèce symbole de la Méditerranée (le cèdre de l'Atlas) ;
•  Présence de forêts parmi les plus conservées de l'Afrique du Nord, présentant la plus grande amplitude forestière du Maroc ;
•  Importance de la zone en tant que château d'eau du Maroc ;
•  Fortes pressions sur les ressources naturelles.

Objectifs du parc  
Objectifs globaux :
•  Préserver les plus belles forêts de cèdre de la région voire du pays et les SIBE terrestres et humides intégrés au PNI tel la zenaie et le site Ramsar ;
•  Valoriser les sites pittoresques (lacs et forêt, vallée de rochers…)
•  Protéger et réhabiliter les espèces faunistiques et floristiques ;
•  Sensibiliser les usagers et riverains du PNI au développement durable : utilisation rationnelle des ressources naturelles, gestion participative, sources alternatives de revenu, amélioration de la qualité de la vie, éducation relative à l'environnement).
 
Objectifs spécifiques :
•  Création de secteurs de protection intégrale en vue d'assurer la régénération végétale et la protection des espèces animales ;
•  Reconstitution de la biodiversité par des actions de réintroduction d'espèces disparues (cerf de bérbérie, vautour moine et ouricou, ibis chauve) ;
•  Préparation et mise en place de plans d'aménagement à objectifs multiples ;
•  Gestion rationnelle des parcours ;
•  Diversification et développement des activités éco-touristiques ;
•  Aide au développement des zones périphériques.
 
Zonage du parc  
Le plan directeur d'aménagement du parc prévoit la création de trois zones :
•  Zones naturelles protégées (ZNP) : 3.780 ha (7% du parc) : destinées à protéger, à réhabiliter des espèces et biocénoses et à constituer des témoins écologiques
•  Sanctuaires naturels gérés (SNG) : 13.780 ha (27% du parc) visant à assurer la pérennisation (environnement et potentiel ressources naturelles), à maintenir et encadrer les usages traditionnels des Ressources.
•  Zones de gestion des ressources naturelles (ZGRN) : 66% du parc dont les zones d'amélioration pastorales : destinées à garantir et développer les rendements des écosystèmes producteurs et l'écotourisme et assurer un développement harmonieux de la flore et de la faune en maintenant un seuil de protection crédible.

♦ Zonage interne du parc